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Les budgets de défense des États membres de l’UE et les stratégies pour 2024

Les budgets de défense des pays membres de l’UE pour 2024 sont influencés par divers facteurs, incluant les tensions géopolitiques, les engagements envers l’OTAN et les priorités stratégiques individuelles de chaque nation. Le contexte de ces décisions budgétaires est souvent la guerre en cours en Ukraine, qui a significativement affecté les stratégies de défense à travers l’Europe.

Les dépenses de défense européennes ont historiquement varié largement à travers l’UE, les pays priorisant différemment les budgets de défense basés sur leurs situations géopolitiques, capacités économiques et menaces perçues. Ces dernières années, il y a eu une poussée concertée au sein de l’UE et parmi les membres de l’OTAN pour augmenter les dépenses de défense, visant souvent à atteindre ou dépasser l’objectif de 2% du PIB fixé par l’OTAN.

Plusieurs pays de l’UE ont annoncé des augmentations significatives de leurs budgets de défense en réponse à l’évolution du paysage de sécurité. Par exemple, le parlement polonais a adopté la loi sur la Défense de la Patrie, qui augmentera les dépenses de défense à 3% du PIB, faisant de la Pologne l’un des plus grands dépensiers en défense en Europe. De même, des pays comme la Slovaquie, la Slovénie, la Lettonie et la Roumanie ont annoncé leur intention d’atteindre ou de dépasser la marque de 2% du PIB en dépenses de défense, avec la Roumanie augmentant son budget de défense de 14% en 2022 seulement.

Le partenariat franco-allemand, crucial pour la coopération en matière de défense de l’UE, fait face à des défis pour faire avancer des projets de défense majeurs comme le Système de Combat Aérien Futur (SCAF) et le Système Principal de Combat au Sol en raison de désaccords industriels et de défis politiques. Le contexte plus large des efforts de défense de l’UE révèle à la fois une poussée vers l’augmentation des budgets et des obstacles significatifs à la réalisation de stratégies de défense cohérentes entre les États membres.

Le Fonds européen de la défense, doté d’une allocation de 8 milliards d’euros pour 2021–2027, souligne les efforts de l’UE pour renforcer sa base technologique et industrielle de défense, avec la France et l’Allemagne étant les principaux investisseurs dans les technologies de défense au sein du bloc. Néanmoins, l’éclatement de la guerre en Ukraine a incité à des augmentations supplémentaires des budgets de défense à travers l’Europe, avec la France, le Royaume-Uni et la Pologne notables pour leurs augmentations budgétaires significatives. L’Allemagne a annoncé un supplément de 100 milliards d’euros en 2022, visant un objectif de dépenses de défense de 2% du PIB.

Cependant, malgré ces augmentations, les efforts de défense de l’Europe sont souvent considérés comme fragmentés et pas pleinement alignés avec les demandes de sécurité croissantes, notamment à la lumière du pivot stratégique des États-Unis vers la Chine et d’un potentiel désengagement de la sécurité européenne sous certaines conditions politiques. Cette fragmentation et les défis de coordination des stratégies nationales de défense soulignent le besoin d’une posture de défense européenne plus unifiée.

La Trajectoire des Dépenses de Défense de la Belgique

La Belgique s’est engagée à augmenter significativement ses dépenses de défense au cours de la prochaine décennie, visant à atteindre l’objectif de l’OTAN de 2% du PIB d’ici 2035. Le plan d’augmentation progressive prévoit une hausse des dépenses de défense à 1,54% du PIB d’ici 2030, soit environ 10 milliards d’euros, comparé au 1,18% alloué ces dernières années. Cet engagement a été confirmé par le Premier ministre belge Alexander De Croo lors d’un sommet de l’OTAN, bien qu’un calendrier précis pour atteindre le seuil des 2% n’ait pas été fourni. Cette augmentation fait partie d’un effort plus large pour améliorer les capacités militaires et promouvoir une industrie de défense plus intégrée et durable en Europe.

L’augmentation budgétaire comprend l’investissement de plus de 10 milliards d’euros d’ici 2030 pour améliorer les capacités de l’armée nationale, lui permettant de rattraper ses homologues européens. Ce financement soutiendra divers efforts de modernisation, y compris l’acquisition de nouveaux hélicoptères, d’avions de transport léger, de systèmes d’artillerie de type Caesar et une expansion de la composante cyber de l’armée.

Le budget de défense de la Belgique a connu une croissance de 4,8 milliards de dollars en 2019 à 7,1 milliards de dollars en 2023, indiquant un engagement envers la modernisation et la rencontre des objectifs de l’OTAN au milieu des tensions géopolitiques croissantes. Un milliard d’euros supplémentaire a été alloué pour augmenter les dépenses de défense, soulignant l’urgence ressentie dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le besoin perçu d’une mise à niveau générale des capacités militaires, y compris la cybersécurité.

Malgré ces augmentations, les dépenses de défense de la Belgique en pourcentage du PIB restent en dessous de la directive de l’OTAN de 2%, avec seulement une augmentation graduelle prévue dans les années à venir. Cela a suscité des discussions sur la nécessité d’une plus grande intégration entre les capacités militaires des partenaires et de s’assurer que les investissements génèrent plus de retours pour l’industrie et la société européennes.

En résumé, les pays membres de l’UE naviguent dans un environnement de sécurité complexe qui nécessite une augmentation des dépenses de défense et une plus grande coopération. Cependant, atteindre une stratégie de défense cohérente à l’é chelle de l’UE reste un défi significatif, aggravé par des priorités nationales divergentes, des tensions géopolitiques et le besoin général d’une capacité de défense européenne plus autonome.

Références :

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